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Tout savoir sur les différentes disciplines de drift en France

Par Maxime
6 minutes

Le drift en France : une passion en plein dérapage contrôlé


Depuis les années 2000, le drift s’est imposé comme une discipline automobile à part entière sur les circuits français. Cette performance mêlant précision, contrôle et spectaculaire dérapage attire chaque année davantage de pilotes et de spectateurs. Si Hollywood et la culture japonaise ont popularisé la pratique, la France s’est aujourd’hui créée son propre univers du drift. Mais saviez-vous qu’il existe différentes disciplines et formats sur nos circuits hexagonaux ? Tour d’horizon complet sur conseilsauto.fr !


Drift : définition et origines


Le drift repose sur un principe simple à comprendre, mais complexe à maîtriser : entrer et maintenir une voiture en glisse maîtrisée sur toute une portion de circuit, sans tendre à la vitesse pure, mais à la qualité du contrôle et à l’angle de dérive. Né au Japon dans les années 1980, le drift s’est répandu en Europe dans les années 2000, sous l’impulsion des premiers championnats nationaux et de l’essor des vidéos virales sur internet.


La pratique a rapidement séduit grâce à son esthétique, à sa technicité et à l’ambiance conviviale qui règne dans le paddock — bien différente des courses traditionnelles.


Quelles catégories et quels championnats en France ?


Le paysage du drift en France s’articule autour de plusieurs formats, du championnat officiel aux sessions loisirs, en passant par des variantes spectaculaires. Voici les principales disciplines :

  • Le Championnat de France de Drift (CFD)
  • Le drift amateur (Trackdays, drift parties)
  • Le drift en gymkhana
  • Le drift show/démonstration
  • La compétition "Drift All Stars" ou "King of Europe" (niveau européen)

Le Championnat de France de Drift : la référence


Organisé par la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) depuis 2014, le Championnat de France de Drift réunit l’élite de la discipline sur plusieurs manches à travers la France (Laval, Bordeaux, Tours, etc.). L’objectif ? Sélectionner le meilleur pilote sur la base de critères : vitesse, angle de glisse, maîtrise de la trajectoire et impact visuel.

  • Format : qualifications en solo (run "lead"), puis battles en duo (un "leader", un "chaser") où les pilotes se défient lors de deux passages. Le jury note angle, style, proximité et régularité.
  • Véhicules : propulsion, souvent très modifiées (BMW Série 3, Nissan 200SX/350Z, Toyota, etc.), puissance de 300 à plus de 900 chevaux, adaptation complète des trains roulants, pneus semi-slicks dédiés.
  • Pilotes : licenciés FFSA, hommes et femmes, certaines manches accueillent des « rookies » pour se faire connaître.

Ce championnat est le must pour les fans de beaux duels (avec le fameux "tandem battle") et de pilotage pur. Il labellise aussi les équipes professionnelles de drift en France.


Le drift amateur : sessions loisir et trackdays


Vous rêvez de vous essayer au drift sans viser (tout de suite) les podiums nationaux ? Les trackdays drift et journées "loisir" organisées sur circuit sont faits pour vous. On y trouve trois formats :

  • Sessions libres sur pistes homologuées : chacun découvre à son rythme, sans chronomètre ni jugement, sous supervision d’instructeurs.
  • Initiations et stages drift : encadrés par des formateurs, souvent sur propulsion « école ».
  • Compétitions locales : "Drift Open", "Drift Challenge", ouvertes à tous, avec catégories débutants, intermédiaires et experts.

Matériel minimum requis : une voiture à propulsion, siège baquet, arceau selon le niveau, coupe-circuit, pneus adaptés… et beaucoup d’entrain ! Le trackday, c’est aussi l’occasion d’observer l’entraide typique du drift, où les anciens forment les nouveaux venus lors des pauses mécaniques.


Le gymkhana : précision et spectacle


Le drift gymkhana mêle glisse et agilité sur des parcours très techniques jalonnés de cônes, pneus ou obstacles fixés, parfois sur parkings asphaltes. Le but : réussir la meilleure note ou le meilleur temps, en enchaînant les figures imposées (drift autour d’un cône, demi-tour freiné, slalom...)


Moins rapide, mais terriblement technique, le gymkhana voit l’émergence de pilotes parfois issus de la scène rallye ou gymkhana japonaise. Accessible en loisir ou en challenge régional.


Démo drift et shows : adrénaline et grand public


Au-delà de la compétition pure, la France accueille des shows drift sur les salons auto et festivals (Mondial de l’Auto à Paris, Drift Masters, shows tuning…), où les pilotes jouent le spectacle à grands renforts de fumée et de donuts synchronisés.

  • Accessible à tous, parfois avec invités internationaux.
  • Découverte idéale pour le public, parfois premium (VIP, corporate events, opérations de sponsoring).
  • Les shows mettent l’accent sur la précision esthétique, la coordination à plusieurs véhicules et sur la pédagogie (initiations).

Un format incontournable pour découvrir le drift avant de se lancer.


Les championnats européens et internationaux : franchir un cap


Pour les plus expérimentés, certains pilotes issus du CFD participent à des championnats européens (Drift Masters European Championship, King of Europe…) ou internationaux (FIA Intercontinental Drift Cup). Ces compétitions sont organisées sur des circuits de renom et ont permis à la France de voir émerger une nouvelle génération de pilotes en Europe.


  • Format identique au CFD, mais niveau plus élevé, budget augmenté (logistique, pneumatiques, assistance mécanique).
  • Occasion de représenter la France face à des pointures venues d’Angleterre, de Pologne, d’Espagne, d’Italie...

L’accès se fait par sélection ou par qualification via le championnat de France.


Equipement : sécurité et réglementation


Avant de foncer « latéralement », rappelons que le drift reste une discipline contrôlée et encadrée par la FFSA et les organisateurs de circuits. Les exigences évoluent selon le niveau et l’épreuve, mais respectent toujours un socle commun :


  • Boucle d’arceau ou arceau cage obligatoire au-dessus de 300 ch ou en compétition.
  • Siège baquet, harnais homologué.
  • Extincteur accessible dans l’habitacle.
  • Combinaison, casque, gants (Niveau : norme FIA en compétition, équipement loisir au minimum).
  • Coupe-circuit, batterie fixée, circuit de frein à main indépendant recommandé.

Les vérifications techniques sont strictes, y compris lors de trackdays. Dès le premier euro investi, privilégiez la sécurité !


FAQ Drift : questions (françaises) les plus fréquentes


  • Quel budget pour débuter le drift ?
    Une propulsion d’occasion adaptée (BMW E36/E46…), quelques éléments de sécurité (siège, harnais, pneus) suffisent à débuter pour 5 000 à 10 000 €. Comptez plus pour le CFD (budget moyen 20 000 € mini/saison pour un amateur, hors voiture).
  • Faut-il un permis pour rouler en drift ?
    Oui, il faut un permis B valide ; pour la compétition, il faut en complément une licence FFSA Drift.
  • Peut-on pratiquer sur route ouverte ?
    Non, le drift sur route ouverte est strictement interdit (article R412-6 du Code de la Route) — il est réservé aux circuits homologués ou pistes privées.
  • Existe-t-il une filière féminine ou junior ?
    Oui, le CFD comporte une catégorie « Ladies », tandis que certains trackdays proposent des sessions juniors (dès 16 ans avec encadrement).
  • Quelle voiture choisir pour commencer ?
    Les BMW Série 3 (E36/E46), Nissan S13/S14, Mazda MX-5 (pour débuter « soft ») sont populaires. Budget abordable, fiabilité, vaste choix de pièces…

Témoignages terrain : la parole aux pilotes français


Pauline, 27 ans, pilote CFD : « Le drift, c’est une vraie famille ! J’ai commencé sur une 328i de série, aujourd’hui je pilote une GT86 turbo. Le CFD, c’est l’arène suprême : esprit sport mais ambiance en entraide, mécanos de tous âges et circuit d’exception. »

Nicolas, 34 ans, amateur : « Après avoir regardé des vidéos sur YouTube, j’ai testé mon premier trackday à Lurcy-Lévis, ambiance ultra bienveillante ! Tout le monde s’aide pour régler un frein à main, changer des pneus, etc. Même sans gros budget, on progresse vite. »

Check-list pratique pour débuter dans le drift


  1. Choisissez un circuit homologué organisant des sessions drift.
  2. Préparez votre voiture (propulsion, pneus semi-usés, siège baquet, harnais, arceau si possible).
  3. Emmenez pièces de rechange (pneus, plaquettes), extincteur, bouteille d’eau, gants et casque.
  4. Prévoyez un budget pneus (comptez 4 pneus pour une journée de découverte, plus si niveau élevé).
  5. Inscrivez-vous à une initiation (“drift school”, journée découverte).
  6. Respectez réglementations et consignes de sécurité du circuit.
  7. N’oubliez pas l’esprit de la discipline : partage, respect, plaisir de progresser !

En synthèse : le drift français, une discipline accessible et passionnante


Contrairement aux idées reçues, le drift en France n’est pas réservé à une élite. Du loisir à la compétition, en passant par des formats gymkhana ou shows spectaculaires, chacun peut trouver un terrain d’expression selon ses envies et son budget. Sécurisée et encadrée, la discipline séduit de plus en plus de passionnés grâce à sa dimension technique, son univers convivial et son esprit d’entraide.

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