Sécurité routière

Réagir face à un accident : les premiers gestes à connaître pour la sécurité de tous

Par Maxime
6 minutes

Adopter les bons réflexes en cas d'accident de la route : mode d'emploi pratique


Un accident de la route est toujours un moment de stress intense, que l'on soit témoin ou impliqué. Pourtant, adopter une attitude posée et appliquer les premiers gestes essentiels peut véritablement sauver des vies, limiter les risques de suraccident et faciliter la prise en charge des blessés. Sur conseilsauto.fr, nous vous proposons un guide complet et pédagogique à destination de tous les conducteurs, débutants comme chevronnés, pour agir de façon efficace et sécurisée dès les premières secondes.


Les tout premiers réflexes – préserver sa propre sécurité avant tout


Avant même de porter assistance aux autres, il est primordial de garantir votre propre sécurité et celle de vos passagers. Un bon réflexe : ne jamais courir vers le lieu de l'accident sans avoir analysé les dangers potentiels (circulation, incendie, véhicules immobilisés dans des endroits à risque).


  • Allumez vos feux de détresse pour signaler le danger immédiatement aux autres usagers.
  • Garez-vous dès que possible sur le bas-côté ou une zone sans risque, avant la zone de l'accident.
  • Enfilez votre gilet jaune haute visibilité avant même de sortir du véhicule.
  • Assurez-vous que personne dans votre véhicule ne court de danger immédiat : immobilisez, rassurez et encouragez à ne pas s’exposer inutilement à la chaussée.

À retenir : jamais d’intervention à la va-vite lors d’un accident sur autoroute ou voie rapide : la circulation à grande vitesse multiplie les risques d’un suraccident. Prévenez la sécurité avant toute tentative d’approche des véhicules accidentés.


« Protéger » : la règle d’or à appliquer systématiquement


La première mission d’un témoin ou d’un conducteur impliqué n’est, ni plus ni moins, que d’éviter d’autres victimes potentielles.


  • Mettez en place le triangle de signalisation à au moins 30 mètres de la zone de l’accident : il doit être visible en amont du choc, sur une ligne droite.
  • Coupez le contact des véhicules accidentés, si accessible, afin de prévenir tout incendie.
  • Interdisez à tous les témoins ou blessés de fumer ou d'utiliser un téléphone portable à proximité immédiate d'un véhicule accidenté (risque de fuite de carburant, d’étincelle…).
  • Soyez vigilant aux dangers secondaires : circulation, véhicules arrêtés en file, débris, fuite de liquide, dénivelé sur la chaussée.

« Alerter » — contacter les secours rapidement et efficacement


La rapidité de l’alerte conditionne la qualité et l’efficacité de l’intervention des secours. Même si d’autres passants semblent déjà avoir téléphoné, ne jamais supposer qu’une alerte a bien été passée : doublez systématiquement l’appel si aucun échange direct n’a lieu avec un opérateur du 112, 15, 17 ou 18.


  1. Composez le 112 (numéro d'urgence unique européen), le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 17 (police/gendarmerie) selon la situation.
  2. Donnez la localisation la plus précise possible: nom d'autoroute, borne kilométrique, intersection, repères visibles, signes distinctifs.
  3. Précisez le nombre de véhicules impliqués, la nature du choc (face-à-face, sortie de route, carambolage…), le nombre de personnes blessées et leur état apparent.
  4. Décrivez les dangers supplémentaires identifiés : véhicule en feu, matières dangereuses, proximité d'un passage piéton, etc.
  5. Répondez aux questions de l’opérateur sans paniquer — chaque indication transmise aide à planifier l’intervention.

Astuce pratique : enregistrez les principaux numéros d’urgence dans votre téléphone et repérez à l’avance l’icône d’appel d’urgence service sur la plupart des smartphones modernes.


Secourir : dans quel ordre aider et quels gestes adopter ?


Une fois la zone sécurisée, la priorité est de porter assistance aux blessés, mais jamais sans respecter l’ordre suivant et sans engager de gestes risqués ou inappropriés. Le maître-mot : faire du bien, mais jamais de mal supplémentaire !


  • Évaluez l’état des blessés avant de les toucher : sont-ils inconscients, blessés mais conscients, enfermés dans le véhicule, exposés à un danger immédiat ?
  • Sauf danger vital immédiat (incendie, eau, explosion), ne déplacez pas les victimes, notamment si elles semblent souffrir du dos, du cou ou présentent des plaies ouvertes importantes.
  • Libérez les voies respiratoires si nécessaire : dégagez doucement la tête en arrière, ouvrez la bouche des victimes inconscientes pour libérer un éventuel obstacle.
  • Arrêtez toute hémorragie externe visible en exerçant une pression ferme sur la plaie avec un tissu propre.
  • Rassurez, parlez et restez près des blessés conscients : la présence et la voix du témoin sont souvent aussi importantes que les premiers gestes physiques.
  • Ne donnez ni à boire ni à manger aux victimes, en raison des complications possibles en cas d’intervention chirurgicale ultérieure.
  • En cas d’arrêt cardiaque suspecté (victime inconsciente, ne respire pas), déclenchez une réanimation cardio-pulmonaire (massage cardiaque, bouche-à-bouche selon vos compétences ou indications des secours au téléphone).

À savoir : si vous n’êtes pas formé aux gestes qui sauvent, restez au téléphone avec les secours : ils vous guideront pas à pas pour une prise en charge adaptée.


Le trio « protéger, alerter, secourir » en action : le cas d’Élodie, conductrice sur la D914


Élodie, 39 ans, partage son expérience : « J’ai assisté à un choc entre deux voitures en rase campagne. J’ai allumé mes warnings, stationné à 50 mètres, mis mon gilet jaune. D’abord, j’ai installé mon triangle très en amont, puis j’ai appelé les pompiers. Je suis restée près des blessés, sans rien toucher, en parlant doucement. Dix minutes plus tard, les secours m’ont dit que j’avais eu les bons réflexes — ça rassure ! »

Fermer la zone et attendre les secours : une étape souvent négligée


Beaucoup de témoins pensent que leur intervention s’arrête quelques minutes après l’alerte. En réalité, il est capital de rester jusqu’à l’arrivée des secours :


  • Pour guider les équipes d’intervention (ambulanciers, pompiers, police) vers l’emplacement exact de l’accident.
  • Pour sécuriser la circulation le temps de leur intervention et éviter toute aggravation de la situation.
  • Pour transmettre aux professionnels le maximum d’informations que vous avez pu recueillir (nombre de personnes dans chaque véhicule, comportement des blessés avant votre arrivée, évolution de leur état, etc.).

Il est interdit de prendre des photos ou de diffuser des images de victimes sur les réseaux sociaux — respectez la vie privée et la dignité des personnes concernées.


Checklist : récapitulatif des bons gestes en cas d'accident


  1. Analysez la zone depuis une position sûre : circulation, visibilité, risques supplémentaires.
  2. Signalez votre présence : warning, gilet jaune, triangle de signalisation.
  3. Sécurisez votre véhicule et ne mettez pas en danger d'autres usagers.
  4. Approchez les véhicules accidentés avec la plus grande prudence.
  5. Évitez de déplacer les blessés (sauf danger vital imminent).
  6. Prenez en charge les gestes vitaux de secours si vous en avez la compétence, sinon suivez les consignes données par téléphone.
  7. Contactez les secours, restez en ligne jusqu’à confirmation de la prise en charge.
  8. Restez sur place jusqu'à l’arrivée des professionnels.

Enfants, personnes âgées, conducteurs : particularités à surveiller


Certains groupes sont particulièrement vulnérables lors d’accidents de la route :


  • Enfants : vérifiez toujours, même si l’enfant semble intact, car certains traumatismes sont plus difficiles à détecter : vérifiez la respiration, l’état de conscience, et demandez un bilan spécifique aux secours.
  • Personnes âgées : elles peuvent masquer des blessures ou entrer plus vite dans un état de choc : isolez du froid, surveillez l’état de conscience régulièrement.
  • Conducteurs impliqués : attention à la réaction de stress, la désorientation ou la tentation de reprendre trop tôt le volant : incitez-les à rester assis et immobiles jusqu’à l’arrivée du bilan médical.

Après l'accident : démarches, assurances et suivi


Une fois la situation sous contrôle :


  • Échangez vos coordonnées avec les autres parties en cause et les témoins (nom, adresse, assurance, immatriculation…)
  • Remplissez un constat amiable si possible.
  • Consultez un médecin, même sans blessure apparente, en cas de choc ou de douleurs dans les heures qui suivent.
  • Contactez rapidement votre assurance pour déclarer le sinistre, fournir vos documents et obtenir le suivi adapté.
  • Pensez au soutien psychologique : un accident est aussi un traumatisme émotionnel.

Zoom sur les outils à garder dans votre voiture pour la sécurité routière


  • Gilet rétro-réfléchissant homologué (accessible sans sortir du véhicule)
  • Triangle de signalisation
  • Lampe torche en bon état
  • Pharmacie de premiers secours simplifiée (gants, compresses, désinfectant)
  • Bloc note et stylo pour recueillir les données utiles et témoignages
  • Liste des numéros d’urgence sur papier

À retenir : sang-froid, méthode, et solidarité


Face à l’imprévu de la route, tout conducteur doit connaître et appliquer la méthode Protéger - Alerter - Secourir. En agissant méthodiquement, avec discernement et sang-froid, chacun participe à rendre les routes plus sûres et à sauver des vies, bien avant l’arrivée des secours. Pour aller plus loin, téléchargez nos checklists « premiers gestes » et guides d’intervention sur www.conseilsauto.fr pour continuer à progresser et à partager la route en toute sérénité.


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