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Itinéraires alternatifs pour éviter les embouteillages estivaux

Par Maxime
5 minutes

Comment voyager plus sereinement durant l'été : la clé des itinéraires alternatifs


Chaque été, les autoroutes françaises se transforment en longues files de voitures, les fameux "bouchons des vacances" rythment l’actualité et le moral des automobilistes. Que vous preniez la route pour gagner la côte atlantique, les sommets des Alpes ou la douceur de la Provence, il est possible de limiter frustration, retards et fatigue grâce à une stratégie : emprunter des itinéraires alternatifs. Conseils méthodologiques, exemples de trajets bis et outils pratiques pour contourner les pièges des chassés-croisés estivaux.


Pourquoi emprunter des itinéraires secondaires ?


La France possède l’un des réseaux secondaires les plus denses d’Europe. Si l’autoroute reste la voie la plus rapide hors périodes de grands départs, l’été, c’est souvent synonyme d’attente aux péages, d’écopages de chaleur à l’arrêt, et parfois d’accidents en série. Les itinéraires alternatifs offrent plusieurs avantages :


  • Moins d’embouteillages : Routes moins fréquentées, intersections davantage fluides, peu ou pas de points de blocage majeurs.

  • Découverte de paysages et de villages : Loin des aires de service impersonnelles, on traverse terroirs et campagnes, gage d’escales gourmandes ou culturelles (marchés, châteaux, produits locaux).

  • Coût réduit : Pas de péages et parfois moins de consommation grâce à une vitesse plus constante. Idéal aussi pour les véhicules électriques : possibilité de recharger dans des bourgs ou stations de supermarché périphériques, évitant la foule des aires principales.

  • Flexibilité : Possibilité de s’arrêter à la demande, de modifier son parcours au gré des envies, voire de prolonger le trajet pour coupler vacances et découverte.

Préparer son trajet : méthodologie anti-bouchon


Contourner les blocs rouges des applications de navigation exige un peu d’anticipation :


  1. Étudier l’itinéraire principal : Sur Google Maps, ViaMichelin, Mappy ou Waze, effectuez une simulation pour repérer les axes rouges les plus sujets aux bouchons (A7, A10, A9, A63, etc.).

  2. Comparer avec les suggestions alternatives : Beaucoup d’outils proposent spontanément des trajets "sans autoroute" ou "plus courts", activables via un simple bouton ("éviter les autoroutes", "éviter les péages"). Tester en heures creuses et en prévoyant de partir tôt ou plus tard selon les flux.

  3. Identifier les points noirs récurrents : Péages (Saint-Arnoult, Lançon-de-Provence, etc.), contournements de grandes villes (Périphérique lyonnais, rocade bordelaise), secteurs de travaux (renseignements sur bison-fute.gouv.fr).

  4. Prévoir des étapes intelligentes : Plutôt qu’une pause standard sur une aire bondée, optez pour un pique-nique dans un village, une visite de cave ou une promenade en forêt : le trajet devient une partie des vacances.

  5. Optimiser pour l’éco-conduite : Sur les routes secondaires, la conduite est plus souple; profitez-en pour limiter les accélérations/franchissements rapides, ce qui réduit consommation et émissions.

Quelques exemples d’itinéraires alternatifs populaires


Cap au Sud-Est : contourner la vallée du Rhône


L’A7 entre Lyon et Marseille est chaque été l’une des autoroutes les plus saturées de France. Deux alternatives :


  • La Nationale 7 historique (D7N) : De Lyon à Orange, cette "route bleue" traverse villages de caractère (Vienne, Valence, Montélimar), longe vergers, marchés et offre de nombreuses possibilités d’escales gastronomiques.

  • La traversée de l’Ardèche par la N86 : De Vienne à Pont-Saint-Esprit, passez par Tournon-sur-Rhône, Viviers, le long d’un Rhône moins industrialisé, pour une ambiance terroir garantie.

Atlantique : Paris – Bordeaux sans l’A10 surchargée


  • La N10 puis D910 via Poitiers et Angoulême : Privilégiez la traverse par Chartres, Châteaudun, puis Poitiers et Angoulême, via des routes souvent paisibles. De nombreux villages étape (Chauvigny, La Rochefoucauld) proposent restauration locale, patrimoine, et aires ombragées.

  • Par la Sologne et le Berry : Départ par Orléans, Salbris, Vierzon, puis Limoges pour rejoindre Bordeaux par la N21. Moins linéaire mais très dépaysant.

Côte d’Azur : accéder à Nice sans passer par l’A8


  • La Route Napoléon (N85) : Depuis Grenoble, suivez Sisteron, Digne, Castellane et Grasse. Paysages de montagne, villages perchés et absence de péage. Attention cependant : route sinueuse, prévoir du temps mais enchantement assuré.

  • Par l’arrière-pays varois : Suivez la N7 puis bifurquez sur Draguignan, Fayence, pénétrant ainsi vers Fréjus/Nice par les villages de l’Estérel.

Les bons réflexes pour anticiper, réagir et profiter


  1. Consulter l’état du trafic sur Bison Futé, radio nationale, applications mobiles, avant et pendant le trajet. Les bouchons sont parfois décalés à la suite d’incidents inattendus ou de changements météo.

  2. Pensez à la météo : Routes secondaires, collines ou petites routes peuvent être impactées par orages estivaux ou épisodes caniculaires. Emporter de l’eau, vérifier la pression des pneus et la climatisation avant le départ.

  3. Balisage d’urgence : Anticipez stations-service et bornes de recharge (pour l’électrique) en consultant apps spécialisées (Chargemap, PlugShare, Shell Recharge…).

  4. Préparez votre copilote et votre playlist : Sur routes secondaires, un copilote attentif au GPS et cartes est précieux pour ne pas manquer les bifurcations ; ambiance musicale ou podcasts feront oublier la longueur du trajet.

  5. Laissez place à l’imprévu : Une déviation inattendue peut se transformer en bonne surprise (petit marché, fête locale, point de vue inédit...). Ne jamais hésiter à sortir de la route prévue si la circulation devient trop pénible sur un secteur.

Exemple de journée-type : Paris - Annecy hors autoroute


Départ tôt le matin, direction Sens par la N6, puis Auxerre-Bourges par la D606. Halte pique-nique près du canal du Nivernais, arrêt culturel au château de Cormatin en Bourgogne du sud, traversée de la Bresse pour rejoindre Bourg-en-Bresse, puis frôler le Jura via Bellegarde et aborder Annecy en approchant par la montagne. Ce parcours de 7h30, au lieu de 6h par l’A6/A40 en théorie, peut en réalité s’avérer plus rapide si le trafic autoroutier est saturé — et offre un vrai goût de vacances dès les premiers kilomètres.


Pour les voitures électriques : adapter ses recharges


Le maillage français a beaucoup progressé sur les itinéraires secondaires. Conseil : privilégier les bornes en entrée de village, zones de supermarchés, parkings d’hôtel (référez-vous aux retours usagers sur les apps de recharge). Beaucoup moins d’attente que sur les grands axes, et souvent présence de commerces pour patienter intelligemment.


La parole aux usagers : retours d’expérience


Laurent, 42 ans, Lyon : « Depuis trois ans, je fais Marseille-Lyon chaque été en évitant l’A7. Certes, je mets une heure de plus, mais je découvre à chaque fois un petit village et je ne grille pas d’essence à l’arrêt dans la Drôme. »
Sonia, 29 ans, Paris : « J’ai voyagé cet été en Zoe électrique jusqu’en Bretagne : aucun souci de recharge en prenant l’ancienne N12. Moins de stress qu’à attendre une place à un superchargeur bondé. »

Ce qu’il faut retenir pour réussir ses échappées estivales


Adopter les itinéraires alternatifs, c’est s’accorder le luxe du temps maîtrisé, de la découverte et de la tranquillité d’esprit. Cela demande certes de sortir de ses habitudes, d’anticiper plus qu’un simple tracé GPS, mais permet d’offrir à la fois confort, économies et souvenir plus riche qu’un simple « trajet ».


Pour préparer au mieux votre route, téléchargez nos checklists d’itinéraires bis, consultez les avis d’étape sur conseilsauto.fr et partagez vos meilleurs détours sur notre forum : la route la plus agréable est souvent celle que l’on s’approprie !


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