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Tout savoir sur la visite médicale pour le permis de conduire

Par Maxime
5 minutes

Comprendre la nécessité d’une visite médicale pour le permis


La visite médicale liée au permis de conduire intrigue, inquiète ou interpelle de nombreux automobilistes. Est-elle systématique ou réservée à certains cas ? Quelles sont les situations concernées ? Quels médecins consulter et sur quels critères la conduite peut-elle être restreinte ou autorisée ? Décortiquons les réponses, les démarches et les bonnes pratiques pour aborder sereinement cet examen souvent méconnu.


Quels sont les motifs rendant la visite médicale obligatoire ?


La France impose, dans plusieurs circonstances bien précises, une évaluation de l’aptitude médicale à la conduite. Cette visite médicale ne concerne pas tous les permis, mais plus spécifiquement :

  • Les nouveaux candidats au permis pour les groupes lourds (poids lourd, transport en commun, taxi, ambulance...)
  • Les renouvellements de permis “gros véhicule” (C, D, etc.)
  • Les usagers souhaitant récupérer leur permis après une suspension ou annulation pour raisons médicales ou infraction (alcool, stupéfiants)
  • Les personnes déclarant un problème de santé impactant la conduite (affection de longue durée, troubles de la vision ou de l’audition, diabète, épilepsie…)
  • Dès 60 ans (voire 55 ans pour certains métiers liés au transport) pour conserver ou renouveler certains permis professionnels.

Pour le permis B classique, aucun contrôle systématique n’est exigé au fil de la vie. Toutefois, un médecin traitant ou l’usager lui-même doit signaler tout problème médical majeur susceptible d’altérer sa capacité à conduire en toute sécurité.


Déroulement pratique de la visite médicale


L’examen médical est réalisé par un médecin agréé par la préfecture, parfois en commission (deux médecins), notamment lorsqu’il s’agit de déterminations complexes ou de suspicions de pathologies lourdes.

  1. Prise de rendez-vous : À la préfecture, sur son site dédié ou en ligne sur la liste nationale des médecins agréés. Le candidat choisit un praticien, hors de son cercle familial.
  2. Dossier à fournir : Pièce d’identité, dossier médical (lettres, bilans récents, résultats d’analyses), convocation préfectorale éventuelle, notification de suspension ou annulation le cas échéant, formulaire CERFA n°14880*02 à préremplir.
  3. Tarif : La visite coûte 36 euros pour le permis léger, 50 euros pour la commission médicale. Montant réglementé, non remboursé par l’Assurance Maladie dans la plupart des cas (sauf invalidité ou pathologie spécifique).

En cas de renouvellement professionnel ou médical, la convocation mentionne toujours le motif de passage devant un examinateur agréé.


Les tests réalisés : une évaluation complète


La visite médicale pour le permis n’est pas un simple entretien : elle vise à garantir que le conducteur présente les aptitudes physiques et psychiques pour manipuler un véhicule en toute sécurité.

  • Examen clinique : contrôles de la tension, de la fréquence cardiaque, de la mobilité générale, du tonus musculaire, réflexes moteurs.
  • Bilan de la vision : acuité visuelle de près et de loin, champ visuel, éventuel port de lunettes (vérification de correction et d’adaptation), perception des couleurs et des contrastes.
  • Entretien sur l’état de santé global : antécédents (cardiaque, neurologique, diabète, affections chroniques), pathologies en cours et traitements médicamenteux.
  • Dépistage de l’alcool ou de drogues : dans certains cas (suspension pour conduite sous influence), un test urinaire, sanguin ou un entretien ciblé peut être demandé.
  • Questionnaire sur les capacités cognitives : orientation, mémoire, perception du temps et de l’espace, éventuellement mini-tests cognitifs chez les conducteurs âgés.

Des examens complémentaires (avis d’ophtalmologiste, d’ORL, d’un spécialiste selon le cas) pourront être ordonnés si un doute existe.


Quelles suites selon le résultat médical ?


Le médecin délivre un avis favorable ou défavorable, mais peut aussi :

  • Autoriser la conduite pour une durée limitée, imposant un contrôle régulier (de 6 mois à 5 ans selon pathologie ou âge)
  • Restreindre l’utilisation (par exemple : conduite uniquement de jour, nécessité d’équipements adaptés, interdiction de transports en commun…)
  • Exiger des examens complémentaires, avec suspension de l’avis jusqu’à la réception des résultats.

Le refus de renouvellement ou de délivrance doit être clairement motivé. Le conducteur peut contester la décision en saisissant la commission médicale d’appel du département.


Zoom sur les pathologies fréquemment rencontrées


  • Vision diminuée : Correction obligatoire si acuité réduite, recours à des dispositifs optiques. En deçà d’un certain seuil (après correction), la conduite peut être interdite, voire limitée à un certain type de véhicule.
  • Diabète : Conduite possible avec diabète équilibré, déclaration obligatoire au médecin, juste surveillance rapprochée en cas de risque d’hypoglycémie sévère.
  • Problèmes psychiatriques ou neurologiques : Épilepsie, troubles cognitifs, antécédents de pertes de connaissance. Des aménagements ou interdictions temporaires peuvent être prononcés.
  • Alcoolisme, addiction, usage de stupéfiants : Nécessité de preuves d’abstinence (analyses, suivi avec addictologue) pour la restitution du permis après infraction.
  • Mobilité physique réduite : Installation d’aides à la conduite (boîte automatique, commandes adaptées). Un essai sur véhicule aménagé, validé par un ergothérapeute, peut être exigé.

La tolérance est évaluée au cas par cas. La sécurité du conducteur et des autres usagers prime.


Témoignages terrain : “La visite m’a rassuré sur ma capacité à conduire”


Jean, 67 ans, Strasbourg : « Après une opération de la cataracte, j’étais inquiet de devoir arrêter de conduire. La visite médicale, loin d’être un “piège”, a permis d’ajuster mon traitement, et le médecin m’a autorisé à reprendre le volant avec mes nouvelles lunettes. »

Lucie, 39 ans, Paris : « Suite à une suspension pour alcoolémie, la commission m’a reçu pour discuter de mes efforts de sevrage. J’ai réalisé que la démarche était avant tout préventive et me donnait des repères clairs pour reprendre la route en sécurité. »


FAQ sur la visite médicale du permis de conduire


  • Doit-on se rendre chez son médecin traitant ?
    Non, uniquement un médecin agréé (hors médecin de famille). La liste est consultable auprès de votre préfecture ou sur le site du ministère de l’Intérieur.
  • Combien de temps l’avis médical est-il valable ?
    De 6 mois à 5 ans selon les cas. Les permis provisoires mentionnent une date de fin de validité sur le titre.
  • La visite médicale est-elle obligatoire pour tous à partir d’un certain âge ?
    Non, uniquement pour les permis professionnels ou si une pathologie à risque est connue chez le conducteur.
  • Que faire si je suis en désaccord avec la décision médicale ?
    Faire un recours devant la commission médicale d’appel départementale dans un délai de deux mois après décision.
  • La conduite est-elle autorisée en attendant la décision ?
    Non, il faut attendre de recevoir l’attestation d’aptitude renouvelée pour reprendre la route, sous peine de sanctions.


Checklist : les étapes clés pour réussir sa visite médicale permis


  1. Consultez la liste des médecins agréés près de chez vous (préfecture ou internet).
  2. Prenez rendez-vous à l’avance, certains praticiens ont un délai d’attente de plusieurs semaines.
  3. Préparez l’ensemble des papiers nécessaires (formulaire CERFA complété, identité, courriers médicaux récents, anciens avis médicaux si nécessaire).
  4. Signez et conservez un double du compte-rendu d’aptitude.
  5. Suivez scrupuleusement les recommandations du médecin. Si restrictions ou examens complémentaires, respectez les délais et consignes indiqués.
  6. En cas de refus, contactez la commission médicale d’appel dans les deux mois.


En synthèse : la sécurité avant tout, dans une démarche bienveillante


La visite médicale pour le permis de conduire n’est ni une sanction ni un obstacle : elle s’inscrit dans une démarche d’accompagnement et de prévention des risques routiers. C’est un acte essentiel pour garantir que tous les conducteurs disposent des capacités minimales pour partager la route dans les meilleures conditions de sécurité. Préparez-la comme un rendez-vous de routine, soyez transparent sur vos antécédents médicaux, et, si besoin, mobilisez les conseils de votre praticien pour ajuster traitements ou gestes de conduite.
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