Pourquoi le permis moto attire de plus en plus de passionnés
Prendre le guidon d'une moto reste pour beaucoup un rêve de liberté, d'évasion et de sensations fortes. Au-delà du plaisir pur, la moto s’impose aussi comme un mode de déplacement économique et agile, notamment en ville. Mais accéder à ce privilège nécessite de franchir plusieurs étapes obligatoires, parfois intimidantes pour les non-initiés. Sur conseilsauto.fr, nous faisons le point sur le passage du permis moto : conditions, formation, examen, et nos conseils concrets pour mettre toutes les chances de votre côté, quel que soit votre profil.
Les différentes catégories de permis moto en France
En France, le permis moto se décline en trois grandes catégories adaptées à la puissance de la machine et à l’âge du candidat.
- Permis AM (ex-BSR) : dès 14 ans, pour les cyclomoteurs et scooters jusqu’à 50 cm³.
- Permis A1 : dès 16 ans, accès aux motos et scooters jusqu’à 125 cm³ (11 kW max).
- Permis A2 : dès 18 ans, motos ou scooters jusqu’à 35 kW (47,5 ch) et un rapport poids/puissance inférieur à 0,2 kW/kg.
- Permis A : accès à toutes les cylindrées après 2 ans de permis A2 et une formation complémentaire de 7 heures.
Bon à savoir : la grande majorité des candidats débutent par le permis A2, aujourd’hui obligatoire avant d'accéder à plus puissant.
Conditions d’accès et prérequis au permis moto
Plusieurs conditions à respecter pour s’inscrire :
- Être âgé d’au moins 16 ans pour le A1, 18 ans pour le A2.
- Obtenir l’ASSR2 (Attestation scolaire de sécurité routière niveau 2) ou l’ASR si non scolarisé.
- Être apte médicalement : une visite médicale est nécessaire pour les personnes en situation de handicap ou sur demande.
- Avoir un justificatif de domicile et une pièce d'identité.
Le code de la route « général » (ETG) est requis, sauf si vous l’avez obtenu depuis moins de 5 ans via une autre catégorie (auto, par exemple).
Déroulement de la formation en auto-école : étape par étape
La formation au permis moto s’effectue en moto-école agréée. Elle comprend deux volets complémentaires :
- Formation théorique : préparation à l’Épreuve Théorique Moto (ETM) depuis mars 2020, spécifique deux-roues et obligatoire pour se présenter au plateau.
- Formation pratique : s’articule autour de 20 heures minimum (8 h hors circulation, 12 h en circulation) pour le A1 et le A2.
En pratique, la plupart des élèves dépassent ces 20 heures pour maîtriser suffisamment leur machine.
- Le plateau (hors circulation) : manœuvres à basse et moyenne vitesses, slalom, freinage, évitement, maîtrise du poids de la moto. L’épreuve dure 10 minutes avec plusieurs ateliers chronométrés.
- La circulation (en traffic réel) : 40 minutes d’examen pour vérifier l’observation, le respect du code, la gestion des priorités et la sécurité en situation réelle.
Astuce pédagogique : commencez à apprendre l'ETM en ligne bien avant vos premières heures de conduite : cela éclairera de nombreux gestes techniques !
Comment se déroule l’examen du permis moto ?
1. L’épreuve théorique moto (ETM)
À réussir avant toute présentation à l’examen pratique, l’ETM porte sur 40 questions à choix multiples, avec des mises en situation très concrètes pour les deux-roues.
Il faut au moins 35 bonnes réponses sur 40 pour valider l’épreuve, ce qui nécessite de maîtriser aussi bien la signalétique, les comportements à adopter, que les notions de mécanique et premiers secours.
2. L’épreuve pratique « plateau »
Elle comporte deux temps : l’examen des fiches orales (sécurité, équipements, législation) et des exercices pratiques : déplacement à allure réduite, freinage d’urgence, évitement, et maîtrise de la moto à l’arrêt ou à la marche.
L’examinateur note la rigueur, l’aisance, la gestion du stress et le port correct des équipements homologués (casque validé, gants CE, blouson avec protection dorsale, bottes, pantalon renforcé).
3. L’épreuve en circulation
Sur route ouverte et en agglomération, pendant environ 40 minutes, vous devrez prouver votre capacité à rouler en sécurité, votre anticipation du trafic, et votre bonne gestion des intersections, dépassements et limitations de vitesse.
Le taux de réussite est généralement plus élevé après le stress du plateau, mais la vigilance reste de mise jusqu’au bout.
Les équipements obligatoires : un point clé pour la sécurité et l’examen
- Casque homologué CE : à la bonne taille, bien attaché.
- Gants homologués CE : obligatoires depuis 2016.
- Blouson ou veste à protections (coude/dos/épaules) et pantalon moto renforcé.
- Bottes montantes ou chaussures couvrantes (pas de baskets basses !)
Sans un équipement complet, l’accès à l’examen peut être refusé. Plus largement, ces équipements limitent très fortement les séquelles en cas de chute, même à basse vitesse.
Conseils pour réussir chaque étape
- Ne négligez jamais la théorie : l’ETM intègre de nombreux cas pratiques (panne, météo, prise d’angle, réaction face à un obstacle). S’y préparer régulièrement, via applications dédiées ou livres spécialisés, fait toute la différence.
- Lâchez prise sur le stress du plateau : les premières sessions sont physiques et parfois déstabilisantes. Décomposez chaque exercice chez vous, visionnez des vidéos et entraînez la mémorisation des gestes.
- Multipliez les séances sur plateau humide ou venté : simulateurs de conditions réelles, ces entraînements accroissent votre maîtrise.
- En circulation, adoptez une attitude anticipative : signalez vos intentions tôt, modérez votre allure et ne cherchez jamais à « impressionner » l’examinateur.
- Gérez votre fatigue : les examens à 7h du matin ou en fin de journée sont courants. Bien dormir et manger avant révèlent souvent la différence.
- Soignez toujours votre équipement : une combinaison mal ajustée, des gants peu adaptés ou un casque inconfortable peuvent vous faire perdre des points lors de la vérification des équipements.
Que faire en cas d’échec ? Le passage en deuxième session
Un échec n’est pas rare, surtout au plateau. Rassurez-vous : seules les parties échouées sont à repasser dans un certain délai, les autres acquis restent valables plusieurs mois. Profitez du retour d’expérience de l’examinateur et demandez à votre moniteur de cibler précisément vos points faibles.
Après l’obtention : premières années et accès à la grosse cylindrée
- Période probatoire : tout nouveau permis moto implique deux ans (jeunes conducteurs) ou trois ans de restrictions (motos bridées à 35 kW). Un capital points limité, puis revalorisé après la période sans faute.
- Formation passerelle A2 vers A : après deux ans, une formation pratique de 7 heures en auto-école autorise la conduite de toutes les cylindrées. Attention, il ne s’agit pas d’un examen formel mais d’une session de perfectionnement à la sécurité, au perfectionnement des trajectoires et à la gestion de puissance.
Pendant cette période, continuez à parfaire votre expérience sur route, variez les situations : ville, campagne, pluie, duo… Plus la palette de situations est large, plus vous serez prêt(e) à piloter une grosse cylindrée en toute sécurité.
Témoignages : ils racontent leur parcours
Léa, 28 ans : "J'appréhendais beaucoup le plateau, mais la clef pour moi a été la répétition : je suis venue m’entraîner sur le terrain de l'auto-école en dehors des heures, une heure chaque dimanche. On prend vite confiance !"
Stéphane, 41 ans : "Je pensais que seul le pilotage comptait, mais l’ETM m’a surpris par ses questions 'tricky' sur l’entretien moto. J’ai finalement passé autant de temps à réviser la théorie qu’à conduire."
FAQ : permis moto, tout ce que vous vous demandez
- Faut-il vraiment tout l'équipement pour chaque leçon ?
Oui. Outre la sécurité, moto-écoles et examinateurs imposent blouson, gants, casque homologués et chaussures hautes dès la première heure. - Peut-on passer l’examen sur une moto automatique ?
Oui mais le permis sera alors limité à la conduite de deux-roues automatiques. - Quel budget prévoir ?
Comptez de 800 à 1500 € pour une formation complète (hors équipement personnel), à ajuster selon la région et le nombre d’heures nécessaires. - Combien de temps ai-je pour obtenir le permis entier après avoir eu l’ETM ?
Vous disposez de 5 ans pour valider la pratique après obtention de la théorie. - Quelle différence entre A1, A2 et A ?
La puissance des motos accessibles, l’âge minimum requis, et la nécessité d’une « passerelle » après expérience pour accéder aux grosses cylindrées.
En synthèse : votre road-map, étape par étape
- Renseignez-vous sur la catégorie de permis adaptée à votre projet moto et à votre âge.
- Préparez l'inscription : vérifiez vos documents, choisissez une moto-école réputée, comparez les prix, exigez la transparence sur le calendrier et les frais d'accompagnement.
- Lancez-vous dans la révision de la théorie (ETM), ne la sous-estimez jamais.
- Équipez-vous sérieusement dès le départ, priorité à la sécurité et au confort.
- Progressez sur le plateau sans précipitation : la maîtrise technique vient avec la pratique régulière.
- Ouvrez-vous à tous les types de circulation pendant la formation pratique.
- En cas d’échec, gardez confiance : le taux de réussite augmente significativement en deuxième passage.
- Pensez à la passerelle après deux ans de permis A2 pour évoluer sans stress vers plus puissant.
Le permis moto reste l’un des sésames les plus gratifiants de la conduite. Avec méthode, conseils adaptés et persévérance, vous profiterez vite des joies de la moto en toute sécurité. Retrouvez nos fiches révision ETM, guides d’achat d’équipements homologués et checklists d’entraînement plateau à télécharger sur conseilsauto.fr.