Assurance & budget

Voiture sans permis : quelles assurances obligatoires et à quel coût ?

Par Maxime
6 minutes

Assurer sa voiture sans permis : l’essentiel à savoir pour circuler en toute légalité


Les voitures sans permis, appelées aussi « voituresttes » ou VSP, séduisent de plus en plus les conducteurs français, qu’il s’agisse de jeunes dès 14 ans (avec le permis AM), de seniors, ou de personnes privées temporairement du permis B. Leur praticité en ville, leur faible gabarit et la possibilité de conduire sans permis classique en font une solution de mobilité plébiscitée. Mais attention : posséder une VSP implique des obligations strictes en matière d’assurance. Quelles garanties sont réellement obligatoires ? Quel budget prévoir pour une couverture adaptée ? Tour d’horizon complet.


Les voitures sans permis : rappel sur leur statut et réglementation


Avant d’aborder les aspects assurantiels, il est important de rappeler qu’une VSP est un quadricycle léger à moteur, d’une cylindrée limitée à 50 cm³ (version diesel/essence) ou à 6 kW (modèles électriques), ne dépassant pas 45 km/h en vitesse maxi.
Conduire une VSP nécessite d'avoir au moins 14 ans et le permis AM (ex-BSR) obtenu après une formation de 8 heures, sauf pour les personnes nées avant le 1er janvier 1988. Toutefois, ces véhicules restent interdits sur autoroute et voies rapides.
Comme tous les véhicules terrestres à moteur, les VSP sont soumis à l’obligation d’assurance dès lors qu’ils circulent sur la voie publique.


Assurances obligatoires : que dit la loi pour les VSP ?


La législation française impose, pour tous les véhicules motorisés, de souscrire à minima une assurance responsabilité civile. Cette garantie est l’unique assurance légalement obligatoire, que ce soit pour une VSP ou une citadine classique.
La responsabilité civile couvre les dommages (corporels et matériels) causés aux tiers : piétons, autres véhicules, occupants d’un autre véhicule, aménagement urbain, etc. Sont exclus les dégâts subis par le conducteur fautif lui-même ou sa VSP.


En pratique :


  • Une attestation et une vignette verte doivent être apposées sur la voiturette.
  • Rouler sans assurance entraîne de lourdes sanctions : amende pouvant dépasser 3 750 €, confiscation du véhicule ou suspension du droit de conduire une VSP, même pour les plus jeunes.

Qu’en est-il des autres garanties ?


Si la responsabilité civile reste le minimum légal, il est possible (et fortement conseillé) de souscrire des garanties complémentaires :


  • Vol et incendie : une VSP étant relativement facile à dérober ou dégrader, cette option est vivement recommandée surtout pour un stationnement en ville.
  • Bris de glace : utile compte tenu du coût de remplacement des pare-brises ou vitres, souvent spécifique aux modèles sans permis.
  • Dommages tous accidents : couvre les dégâts matériels subis par la voiturette même en cas de responsabilité de l’assuré.
  • Assistance 0 km : prise en charge du remorquage en cas de panne ou d’accident, partout, même à la porte de votre domicile.
  • Protection du conducteur : prise en charge, parfois limitée, des blessures et préjudices subis par le conducteur de la VSP.

Combien coûte l’assurance d’une VSP en 2024 ?


Le montant de la prime d’assurance dépend de plusieurs paramètres : profil du conducteur (jeune, senior, antécédents), lieu de stationnement (urbain ou rural), modèle et valeur de la voiturette, formules choisies. Contrairement à l’idée reçue, assurer une VSP n’est pas forcément moins cher qu’une petite citadine : la sinistralité (nombre d’accidents) peut être élevée, surtout chez les jeunes ou conducteurs occasionnels.


Ordres de prix moyens constatés


FormulePrix annuel moyen*
Tiers (responsabilité civile seule)350 à 550 €
Tiers + vol, incendie, bris de glace600 à 900 €
Tous risques (dommages, vol, incendie, bris de glace, assistance)800 à 1 200 €

*Tarifs 2024 à titre indicatif : selon compagnie, zone géographique et profil (jeune conducteur ou suspension du permis = majoration).


Pourquoi ces tarifs sont-ils aussi élevés ?


Le coût d’assurance d’une voiture sans permis s’explique par le profil souvent plus à risque des utilisateurs (manque d’expérience, conduite sur des voies à fort trafic urbain) et par le prix élevé des réparations. Les pièces détachées sont parfois chères car spécifiques et les réparateurs agréés restent encore peu nombreux par rapport aux voitures classiques.


Quelles options choisir pour bien se protéger ?


Le choix de votre formule dépend de votre budget, mais aussi de l’usage de votre VSP :


  • Stationnement en extérieur, ville, usage quotidien : privilégiez la formule tiers enrichie (vol, incendie, bris de glace).
  • VSP neuve, à forte valeur : un contrat tous risques est recommandé, au moins les deux premières années.
  • Usage occasionnel, en milieu rural, véhicule d'occasion : le tiers simple peut convenir, mais attention au manque d’assistance ou de garanties en cas de pépin.

Vérifiez toujours les plafonds de remboursement et le montant des franchises (somme restant à votre charge en cas de sinistre).


Spécificités : jeunes conducteurs, consommateurs au permis suspendu, seniors, qu’est-ce qui change ?


Assureurs et courtiers tiennent compte du profil du conducteur :


  • Moins de 25 ans : souvent considérés à risque, primes plus élevées et parfois refus de certaines options (tous risques, garanties élevées).
  • Personnes privées ou suspendues de permis B : la reprise du volant en VSP implique parfois une surprime, ainsi qu’un signalement dans le dossier d’assurance.
  • Seniors ou retraités : des solutions existent, avec des contrats adaptés à une conduite plus posée et à des usages différents. Certains assureurs intègrent des garanties d’assistance spécifiques (rapatriement, prise en charge de la famille, etc.).

Soyez toujours transparent lors de la souscription : une fausse déclaration peut entraîner l’annulation des garanties en cas de sinistre, même pour une voiture sans permis.


Pièges à éviter et conseils pour économiser sur son assurance VSP


  • Comparez les offres : utilisez les comparateurs, demandez des devis personnalisés.
  • Lisez attentivement les exclusions de garantie (vol sur vol à l’arraché, franchise importante, absence d’assistance nocturne…)
  • Si possible, privilégiez un stationnement sécurisé (garage : réduction du risque) pour obtenir de meilleures conditions.
  • Optez pour une franchise plus élevée pour réduire la prime, mais gare au reste à payer en cas d’accident.
  • Regroupez vos autres assurances auto ou habitation chez le même assureur pour bénéficier de remises « multirisques ».
  • Renseignez-vous sur les offres « téléassistance » ou « boîtier connecté » pour les jeunes ou conducteurs peu expérimentés : certains assureurs proposent des tarifs adaptés sur mesure selon votre utilisation réelle.

FAQ – Ce qu’il faut savoir avant de prendre le volant d’une voiture sans permis


  • Un mineur de 14 ans a-t-il le droit de souscrire une assurance en son nom ?
    Non, l’assurance est obligatoirement souscrite par les parents ou représentants légaux. L’enfant sera désigné comme conducteur principal.
  • Puis-je prêter ma VSP à un proche ?
    Oui, mais il doit être titulaire du permis AM ou répondre aux conditions légales. Prévenez votre assureur pour élargir la couverture à d’autres conducteurs occasionnels.
  • En cas de vol de ma voiturette, que rembourse l’assurance ?
    Uniquement si vous avez souscrit la garantie vol. Vérifiez les clauses spécifiques (verrouillage, dispositif anti-vol…).
  • Puis-je suspendre l’assurance si je n’utilise plus ma VSP ?
    Non : tant que le véhicule n’est pas vendu ou retiré officiellement de la circulation (certificat de destruction à l’appui), l’assurance responsabilité civile reste obligatoire.
  • L’assurance auto classique couvre-t-elle une VSP ?
    Non : il s’agit d’un véhicule à part entière qui requiert une police dédiée, même pour une VSP de remplacement en cas de retrait de permis.

Témoignages d’utilisateurs : la réalité du terrain


Paul, 17 ans, Rennes : « J’ai eu ma voiture sans permis pour aller au lycée et en stage. Mon assurance a coûté 600 € par an au tiers amélioré. J’ai choisi d’ajouter le bris de glace suite à des mauvaises surprises d’amis. »
Claire, 64 ans, Bordeaux : « Après la retraite, la VSP est parfaite pour mes petits trajets. J’ai trouvé une offre tous risques avec assistance. C’est plus cher qu’une simple RC, mais ça me rassure et j’ai déjà été dépannée pour une crevaison en plein centre-ville. »
Lucas, 36 ans, Paris : « J’ai opté pour un modèle d’occasion. Attention : certains assureurs n’acceptaient pas la caisse, car préalablement modifiée. Mieux vaut lire toutes les petites lignes et éviter les fausses économies. »

Check-list pratique : que faire pour bien assurer sa voiture sans permis ?


  1. Demandez plusieurs devis personnalisés (en ligne ou en agence spécialisée VSP).
  2. Analysez le rapport garanties/prix/franchise.
  3. Lisez les exclusions et vérifiez les limites (valeur à neuf, vol, options d’assistance).
  4. Vérifiez que chaque conducteur potentiel est bien déclaré.
  5. Pensez à actualiser le contrat en cas de changement d’usage ou de domicile.

En résumé : assurance voiture sans permis, légalement obligatoire et à personnaliser selon vos besoins


Assurer une voiture sans permis ne s’improvise pas : la seule garantie légalement obligatoire est la responsabilité civile, mais pour rouler sereinement, les formules intermédiaires à « tous risques » méritent d’être étudiées.
Tarifs, options, franchises et assistance doivent être adaptés à votre profil et à l’usage réel de la VSP. Passez par un comparateur ou un courtier spécialisé, demandez conseil en cas de besoin, et gardez à l’esprit qu’une assurance inadaptée peut coûter cher en cas de problème.
Pour aller plus loin, nos guides pratiques, comparatifs et astuces sont disponibles sur www.conseilsauto.fr. Retrouvez nos checklists à télécharger pour ne rien oublier avant de prendre le volant de votre voiture sans permis !


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