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Assurance auto et covoiturage : ce que vous devez absolument vérifier

Par Maxime
6 minutes

Le covoiturage révolutionne la mobilité, mais quid de votre assurance auto ?


Le covoiturage séduit de plus en plus d’automobilistes : écologique, économique et convivial, il bouleverse nos habitudes sur la route. Mais derrière la simplicité de partager un trajet grâce à une application, un détail reste souvent négligé : êtes-vous correctement assuré ? Sur conseilsauto.fr, on fait le point pour rouler tranquille, passagers comme conducteur.

Quand et comment l’assurance intervient-elle lors du covoiturage ?


L’assurance auto en France suit un cadre juridique basé sur deux piliers : la responsabilité civile obligatoire (couvre les dommages causés à autrui) et les garanties facultatives (tous risques, assistance, bris de glace…). La question n’est pas tant de savoir SI vous êtes couvert, mais COMMENT, et jusqu’où, lors d’un trajet partagé.

  • Vous utilisez votre propre véhicule : l’assurance souscrite vous couvre par défaut pour la responsabilité civile, y compris lorsque vous emmenez des passagers, gratuits ou rémunérés (dans des limites déterminées).
  • Vous êtes passager : c’est l’assurance du conducteur qui s’applique en cas d’accident (sauf faute lourde du passager).
  • Vous prêtez votre voiture à un tiers : vérifiez que votre contrat autorise explicitement la conduite par une “personne de confiance” ou un conducteur secondaire.

À retenir : le covoiturage reste licite dès lors que le conducteur ne réalise pas de bénéfice (hors partage de frais). Dès que le trajet devient rémunéré – type VTC ou taxi – l’assurance spécifique “transport de personnes à titre onéreux” devient obligatoire.

Les garanties clés à contrôler avant de covoiturer


La base : toute assurance auto inclut une couverture RC (responsabilité civile), mais plusieurs points peuvent poser question dans le cadre d’un covoiturage. Tour d’horizon des clauses à relire :


  • Nombre de passagers autorisés : certains contrats limitent la garantie à la capacité technique du véhicule (nombre de places homologuées). Ne dépassez jamais cette limite.
  • Assurance du conducteur : en cas d’accident responsable, les passagers (covoiturés) seront indemnisés. En revanche, les préjudices du conducteur dépendent de la présence (ou non) de la garantie conducteur dans le contrat.
  • Assistance et dépannage : vérifiez si l’option “assistance 0 km”, la prise en charge du remorquage ou le rapatriement des passagers est bien prévue (indispensable en cas de panne avec plusieurs co-voitureurs).
  • Franchise et bonus-malus : un sinistre en covoiturage impacte-t-il différemment le coefficient ? En règle générale, l’impact reste similaire à celui d’un trajet « classique », mais informez-vous.
  • Usage professionnel vs. privé : si le trajet est réalisé dans le cadre du travail (domicile-travail ou mission professionnelle), cela peut être exclu ou nécessiter une déclaration spécifique. Clarifiez avec votre assureur selon votre profil d'usage.

Faut-il prévenir son assurance avant de pratiquer le covoiturage ?


La plupart des compagnies d’assurance tolèrent et prennent automatiquement en charge le covoiturage dès que le conducteur ne tire aucun bénéfice (hors partage de frais réellement engagés : carburant, péages, usure). Cependant, en cas d’ambiguïté, deux réflexes :


  • Lisez attentivement les conditions générales (ou demandez-les à votre assureur). Certains contrats, notamment les plus anciens ou basiques, peuvent interdire tout transport régulier de passagers “à titre onéreux”, même pour couvrir les frais.
  • Avertissez votre assureur si vous covoiturez fréquemment, effectuez de longs trajets réguliers (autres que domicile-travail) ou utilisez votre voiture pour une application de type Blablacar, Karos, Klaxit... Une simple mention au dossier élimine tout risque d’exclusion de garantie en cas de litige.

Astuce : certains assureurs proposent des extensions “spécial covoiturage” avec une assistance renforcée ou une suppression de franchise pour ces trajets. À négocier si vous pratiquez souvent !

Décryptage : le covoiturage payant peut-il être considéré comme “professionnel” ?


La frontière légale entre covoiturage (partage de frais) et transport à but lucratif (VTC, navette) est stricte en France :


  • Le conducteur doit effectuer le trajet pour son propre compte (aller au travail, partir en vacances) et invite d’autres personnes à partager les frais.
  • Le montant réclamé ne doit jamais excéder la quote-part réelle des dépenses engagées (hors bénéfice personnel).
  • Les trajets purement “à la demande”, ou les rémunérations excédant le seul partage des frais, placent le conducteur en infraction : il encourt le retrait du permis, une amende et surtout, l’exclusion de garantie en cas d’accident (assurance non adaptée).

Pour bien faire : utilisez de préférence les grilles tarifaires des appli de covoiturage (Blablacar, etc.) qui calculent automatiquement un prix de partage conforme à la législation et fournissent trace écrite des voyages.

Covoiturage en cas d’accident : qui est indemnisé et comment ?


En cas de sinistre (accident responsable ou non, véhicule immobilisé), le régime est le suivant :


  • Passagers covoiturés : indemnisés par la RC auto du conducteur en cas de dommages corporels ou matériels, sans plafond défini (hors cas d’exclusion : surcharge du véhicule ou cas de force majeure).
  • Conducteur : seules les garanties spécifiques (garantie conducteur, protection juridique, assistance élargie) couvrent les propres préjudices du chauffeur. Une formule “tous risques” garantit aussi les réparations du véhicule en tort ou en absence de tiers identifié.
  • Assurance des plateformes : certaines applications (Blablacar, Karos, etc.) offrent une extension d’assurance (souvent via AXA ou Allianz) qui complète la couverture traditionnelle (ex. : avance de frais d'hospitalisation, exonération de franchise, assistance dépannage pour tous les passagers).

Attention : si le conducteur est testé positif à l’alcool ou sous stupéfiants, toute prise en charge peut être refusée, y compris pour les passagers.


Covoiturage en entreprise ou domicile-travail : précautions spéciales


Nombre d'entreprises encouragent désormais le covoiturage entre salariés (via applis internes ou réseaux locaux). Cela ne pose en théorie pas de problème du point de vue de l’assurance si le cadre reste “partage de frais” et le véhicule utilisé est conforme :


  • Vérifiez que votre contrat n’exclut pas l’usage “domicile-travail + covoiturage”. Certaines polices « usage promenade/loisirs » sont restrictives.
  • L’entreprise peut souscrire une assurance spécifique “covoiturage salarié” qui complète la protection (individuelle accident, assistance collective, etc.), voire proposer un dédommagement kilométrique complémentaire.
  • Pensez à bien identifier les passagers sur la plateforme (covoiturage récurrent ou unique ?).

Checklist pratique : préparez chaque covoiturage l’esprit tranquille


  • Lisez votre contrat d’assurance auto : repérez les mots-clés “prêt de volant”, “transport à titre onéreux”, “usage professionnel”.
  • Assurez-vous de disposer d’un conducteur secondaire déclaré si alternance pendant le trajet.
  • Ne transportez jamais plus de personnes que le nombre de ceintures homologuées.
  • Conservez les coordonnées de votre assureur et l’attestation d’assurance à bord.
  • Gardez trace des trajets (plateforme appli, confirmations email) en cas de litige.
  • Demandez à vos passagers d’attacher leur ceinture systématiquement : leur sécurité en dépend, et le conducteur en est parfois juridiquement responsable.

Conseils terrain : témoignages et astuces pour covoiturer sereinement


Laurent, 38 ans, Grenoble : « J’ai relu mon contrat après avoir commencé le covoiturage : la garantie conducteur n’était pas incluse ! J’ai ajouté l’option en ligne, c’est rassurant quand on fait plusieurs trajets par semaine. »

Céline, 26 ans, Tours : « Une panne sur l’A10 avec deux passagères. L’assistance de ma compagnie a tout pris en charge, mais sans l’option “rapatriement passagers”, elles auraient dû se débrouiller seules. Maintenant, je revérifie avant chaque long trajet. »

FAQ assurance et covoiturage : vos questions les plus fréquentes


  • Le passager peut-il réclamer une indemnisation directe à l’assurance en cas d’accident ?
    Oui : il bénéficie de la couverture responsabilité civile du véhicule comme tout tiers. Les démarches sont à engager via l’assureur du conducteur.
  • Covoiturage = augmentation de ma prime d’assurance ?
    Non en principe, sauf usage ultra-fréquent ou déclaration en “usage professionnel”. En cas de doute, posez la question à votre assurance.
  • Que faire si un passager endommage l’habitacle ?
    C’est la garantie “dommages au véhicule” (formule tous risques) qui pourra intervenir, souvent avec franchise. Sinon, cela reste un recours civil entre particuliers.
  • Sur une plateforme, suis-je mieux protégé ?
    Certaines apps offrent un renfort d’assistance ou d’assurance en complément, à lire dans les CGU. Renseignez-vous sur le détail et les exclusions.
  • Puis-je covoiturer avec une voiture de location ?
    Oui, mais après avoir vérifié dans le contrat de location que le transport d’autres personnes est autorisé (hors activité professionnelle payante).

En synthèse : checkez votre assurance, communiquez, et roulez en toute confiance


Le covoiturage dynamise nos déplacements mais suppose de ne rien laisser au hasard côté assurance : lisez votre contrat, signalez tout usage spécifique, et préférez les plateformes réputées qui apportent un surplus de protection. Ainsi, conducteur ou passager, vous profiterez des économies et du plaisir d’un voyage partagé, sans mauvaise surprise en cas d’imprévu. Retrouvez sur conseilsauto.fr nos guides dédiés, checklists à télécharger et simulateurs pour covoiturer zen, avec toutes les assurances de la route.


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