Partage et location de voitures : de la niche à l’alternative majeure pour les Français ?
Longtemps perçu comme un phénomène de grande ville ou réservé à une poignée d’initiés, l’auto-partage et la location entre particuliers sont désormais devenus des acteurs incontournables de la mobilité en France. En 2024, les plateformes se multiplient, les formules se diversifient, et même les collectivités et assureurs s’y investissent. Alors, où en est vraiment la France en matière d’auto-partage ? Quelles sont les tendances, les avantages, les limites et les perspectives de ce marché en pleine maturité ? Décryptage et repères pratiques pour comprendre la révolution douce en cours.
Auto-partage et location entre particuliers : de quoi parle-t-on ?
Derrière ces deux notions, se cachent différentes réalités complémentaires :
- L’auto-partage dit « en boucle » : location d’un véhicule depuis ou vers une station identifiée (Indigo, Communauto, Citiz…), généralement pour quelques heures à plusieurs jours.
- L’auto-partage « en free-floating » : location à la demande de véhicules géolocalisés, sans contrainte de station de retour (Free2Move, Zity…).
- La location de voiture entre particuliers : via des plateformes dédiées, on met à disposition ou on réserve la voiture d’un voisin ou d’un inconnu (Getaround, OuiCar, Roadstr…).
- L’auto-partage d’entreprise ou de copropriété : flotte mutualisée au sein d’une organisation ou d’un immeuble, réservé à certaines communautés d’utilisateurs.
Tendances 2024 : un secteur en croissance, boosté par la technologie
En 2024, le paysage de l’auto-partage français affiche une santé éclatante :
- Plus de 40 000 véhicules auto-partagés toutes solutions confondues, selon l’Association des Acteurs de l’Auto-partage (AAA) – soit une hausse de près de 45 % en trois ans.
- Une majorité de véhicules en location entre particuliers, qui représente aujourd’hui plus de la moitié de l’offre totale en France.
- De nouveaux services hybrides mêlant auto-partage classique, délégation de gestion (vous louez votre véhicule via une plateforme mais ne vous occupez de rien), et locations longue durée à la demande.
- L’explosion du free-floating dans les métropoles : plus de 12 grandes villes proposent ce service (voitures électriques sans station fixe), principalement à Paris, Lyon, Bordeaux ou Toulouse.
- Une décentralisation croissante : après avoir longtemps focalisé sur les capitales régionales, des réseaux comme Citiz ou des plateformes de location entre particuliers investissent désormais les villes moyennes et les zones périurbaines, y compris via des partenariats avec les collectivités ou les bailleurs sociaux.
À l’origine de ce succès : l’amélioration de la couverture, la simplicité de réservation via applications mobiles, le développement du « sans contact » (déverrouillage via smartphone), et des efforts de pédagogie chez les assureurs et pouvoirs publics pour rassurer sur la sécurité, la responsabilité et la garantie.
Pourquoi l’auto-partage séduit de plus en plus ?
L’engouement s’explique par plusieurs facteurs convergents :
- Économie et flexibilité : plus besoin d’acheter ou d’entretenir un véhicule pour un usage occasionnel, en payant uniquement le temps ou les kilomètres réellement parcourus.
- Moins d’engagement et moins de contraintes : aucun crédit, pas d’assurance en propre, ni de place de parking attitrée obligatoire.
- Réponse à la raréfaction et au coût du stationnement : particulièrement dans les centres urbains où le stationnement est cher ou limité.
- Empreinte écologique réduite : mutualisation des usages, accès facile à des véhicules électriques ou hybrides plutôt que de vieilles voitures polluantes.
- Effet mode et simplicité technologique : l’expérience est intuitive, sans paperasse ni remise de clé physique, via smartphone et appli, 24h/24 et 7j/7.
Principaux acteurs et modèles en 2024
- Getaround (ex-Drivy) : leader historique de la location entre particuliers (plus de 70 000 annonces), déploiement d’un dispositif de boîtier connecté pour l’auto-partage instantané sans échange de clé.
- OuiCar : acteur « pur player » français, accent mis sur la location dans les villes moyennes et rurales, assurance dédiée MAIF.
- Citiz : réseau coopératif de stations d’auto-partage, présent dans plus de 170 villes et agglomérations, particulièrement sur le modèle « en boucle » et véhicule partagé en station dédiée.
- Free2Move (groupe Stellantis) : pionnier du « free-floating » électrique, offre intégrée entre location court et moyen terme, en stations et en flotte d’entreprise.
- Indigo Weel, Zity, ShareNow : solutions en libre-service 100 % urbaines, avec flotte propre, véhicules connectés et facturation à la minute.
- Plateformes thématiques (Roadstr, GetMyCar) : véhicules premium, anciennes, vans ou utilitaires spécialisés.
- Initiatives locales et auto-partage en copropriété : bornes mutualisées en résidences, auto-partage intercommunal pour les courses et déplacements du quotidien.
Quels sont les profils d’utilisateurs ?
Autrefois réservée à une clientèle citadine ou bobo-urbaine, la location entre particuliers et l’auto-partage se démocratisent. On observe désormais :
- Les « non-motorisés » citadins : travailleurs, étudiants, foyers sans voiture mais ayant besoin de modularité pour les loisirs, week-ends ou déplacements ponctuels.
- Des familles rurales ou périurbaines : second véhicule accessoire ou remplacement temporaire, réponse à la flambée du prix des assurances et de l’essence.
- Entrepreneurs et auto-entrepreneurs : artisans, freelances et livreurs utilisant occasionnellement une voiture d’un tiers à la journée ou à la demi-journée.
- Touristes en quête d’alternatives économiques : de plus en plus de voyageurs privilégient la location entre particuliers à l’agence classique, notamment pour des besoins atypiques (camping-car, 7 places…).
En parallèle, une frange active de « loueurs particuliers » s’est structurée : certains mettent à disposition un ou plusieurs véhicules toute l’année, générant ainsi un complément de revenu sécurisé, sous protection d’assurance dédiée – un exemple typique d’économie collaborative.
Avantages et limites à connaître avant de se lancer
- Rapport prix/service : plus la location est brève, plus le gain est net versus l’achat d’une voiture pour peu servir. Certains services démarrent à moins de 4 €/h, assurance et parfois essence incluse.
- Transparence et sécurité : plateformes encadrées, procédures rodées pour les assurances, la vérification d’identité, l’état du véhicule et la gestion des cautions.
- Souplesse et choix : accessibilité 24/7 dans les grandes villes, grande variété de modèles (citadine, break, utilitaire, électrique, premium…).
- Points de vigilance : disponibilité variable en dehors des agglomérations, vigilance sur le niveau d’essence, état d’usure, gestion du nettoyage, franchises d’assurance parfois élevées, frais additionnels (annulation, retard, km excédentaires…).
- Assurance : bien relire les conditions : en cas d’accident, la gestion diffère de l’assurance classique, et les exclusions diffèrent suivant les plateformes. Les propriétaires doivent parfois ajuster leur contrat d’assurance personnel.
Auto-partage et transition écologique : où en est-on ?
L’État et les collectivités encouragent l’auto-partage, notamment dans les zones à faible émission (ZFE) : certains services donnent ainsi la priorité aux véhicules électriques ou hybrides, éligibles à des subventions locales et à des parkings ou recharges dédiés.
En 2024, près de 30 % des véhicules en auto-partage sont 100 % électriques, le chiffre grimpant même à 60 % dans les offres urbaines en free-floating. Cet essor accompagne la volonté des collectivités de limiter l’usage de la voiture individuelle polluante et de favoriser une mobilité partagée plus douce.
Témoignages et exemples terrain : l’auto-partage vu par ceux qui l’utilisent
Julie, 32 ans, Lyon : « J’ai revendu ma deuxième voiture. Pour nos week-ends ou quand j’ai un rendez-vous pro hors de la ville, je réserve une voiture sur Citiz ou Getaround. En 2023, j’ai économisé près de 1 500 € sur mon budget auto. »
Michel, 47 ans, périphérie de Nantes : « Depuis que l’auto-partage a été installé dans notre résidence via le syndicat de copro, on ne prend plus la voiture que pour de vrais besoins. On partage aussi les coûts de recharge électrique. »
Fatima, 23 ans, Paris : « J’utilise le free-floating pour aller bosser. C’est plus flexible que le métro, plus rapide en soirée. Et je paie seulement par minute, assurance comprise. »
Check-list pratique : bien débuter avec l’auto-partage ou la location entre particuliers
- Comparez les plateformes selon votre besoin (trajet, durée, modèle, tarif).
- Lisez les conditions d’assurance, gestion des cautions et franchises.
- Vérifiez l’état du véhicule avant/après la location (photos, appli).
- Rendez la voiture avec le niveau de carburant ou batterie requis.
- N’hésitez pas à signaler toute anomalie ou évolution au service client.
- Pensez à mutualiser avec voisins/amis pour obtenir de meilleurs tarifs sur les locations régulières.
Conclusion : auto-partage, passage vers une nouvelle mobilité
Derrière la diversification de l’offre, l’engouement du public et l’arrivée de nouveaux acteurs, l’auto-partage et la location entre particuliers incarnent la tendance de fond vers une mobilité plus rationnelle, connectée et éco-responsable. Si certains foyers n’envisagent plus d’acheter une seconde (ou première) voiture, d’autres y voient un complément idéal aux transports en commun, vélo, marche ou covoiturage.
Cette dynamique, loin de s’essouffler, ne fait que s’amplifier en 2024. Pour aller plus loin : retrouvez nos comparatifs, fiches pratiques et retours d’expérience sur www.conseilsauto.fr – et téléchargez nos guides pour louer ou partager une voiture en toute sérénité, selon vos besoins, votre budget et votre zone géographique. Bonne route partagée !